171 jours. Ce n’est pas une devinette, ni le chiffre d’une loterie. C’est, en moyenne, le nombre de journées réellement passées au bureau ou sur site par un salarié à 35 heures, une fois soustraites toutes les pauses imposées par le droit du travail français. Derrière ce chiffre, une mécanique bien huilée, une addition de congés, de jours fériés et de RTT qui fait tanguer le calendrier de chaque actif.
Le régime des 35 heures a transformé la gestion du temps de présence au travail en un vaste jeu d’équilibre, où chaque variable compte. Entre la loi, la convention collective et les accords d’entreprise, le compteur de jours travaillés ne cesse de fluctuer d’une année à l’autre. Un salarié peut facilement y perdre son latin, tant le calcul dépend du calendrier, du secteur d’activité et même du type de contrat signé.
Comprendre le calcul des jours travaillés à 35 heures : entre cadre légal, RTT, congés et jours fériés
Calculer le nombre de jours travaillés par an à 35 heures ne se fait pas à la louche. Tout part d’une règle précise : un salarié à temps plein doit effectuer 1607 heures de travail par an. Cela correspond, sur le papier, à environ 229 jours en partant sur une base de 7 heures par jour. Mais cette théorie se heurte vite à la réalité du terrain, où s’invitent RTT, congés et jours fériés.
Pour y voir plus clair, il faut commencer par déduire du total des jours de l’année (365) tous les samedis et dimanches. Puis, viennent s’ajouter les incontournables : 25 jours de congés payés, et les jours fériés qui, selon les années, tombent ou non sur un jour ouvré. Pour ne rien simplifier, chaque entreprise peut accorder des RTT supplémentaires, en fonction de son accord collectif et du temps de travail réellement effectué. Certains salariés voient ainsi leur nombre de jours travaillés diminuer sensiblement.
Voici, en résumé, les principaux éléments qui entrent en jeu dans ce calcul :
| Élément | Nombre annuel (indicatif) |
|---|---|
| Jours calendaires | 365 |
| Week-ends | 104 |
| Congés payés | 25 |
| Jours fériés (hors week-end) | 7 à 9 |
| RTT | variable |
La convention collective et l’accord d’entreprise fixent les règles du jeu : nombre de RTT, modalités de report, indemnisation et possibilités de placer ces journées sur un compte épargne-temps. Mais il ne faut pas négliger l’impact des absences : arrêt maladie, maternité ou départ en formation bousculent l’acquisition des droits. À cela s’ajoute la fameuse journée de solidarité, qui vient encore ajuster le compteur.
En définitive, le nombre de jours travaillés par an varie, parfois de façon notable, selon l’année et l’entreprise. Le décompte n’a donc rien d’automatique : il faut composer avec le calendrier, les accords en vigueur et la réalité de chaque situation professionnelle.
Forfait jours et RTT : quels droits, quelles obligations et comment s’y retrouver dans la pratique ?
Le forfait jours a rebattu les cartes pour de nombreux cadres et salariés autonomes. Ici, le temps de travail ne se compte plus en heures, mais en jours. Le plafond standard : 218 jours travaillés sur l’année. Ce mode de calcul repose sur un accord collectif, puis sur une convention individuelle signée entre le salarié et l’employeur. Autonomie, flexibilité, mais aussi vigilance : l’entreprise doit veiller à la charge de travail, au respect des temps de repos, à la santé de ses collaborateurs.
Pour estimer le nombre de RTT accordés à un salarié au forfait jours, une méthode simple s’applique : on part du total annuel (365 jours), on retire les week-ends, les congés payés, les jours fériés et le plafond légal de jours travaillés. Ce qui reste, ce sont les jours de repos supplémentaires, dont la gestion est encadrée par la convention collective ou l’accord d’entreprise.
Les accords peuvent prévoir plusieurs options pour ces RTT : report d’une année sur l’autre, indemnisation financière ou placement sur un compte épargne-temps (CET). Si le salarié choisit le rachat de jours, une majoration de salaire s’applique, parfois accompagnée d’avantages fiscaux selon la réglementation en vigueur.
Les modalités de prise et de report des RTT varient d’une entreprise à l’autre. Parfois, l’employeur impose certains jours, mais dans la plupart des cas, le salarié garde la main sur une partie de son calendrier. Les périodes d’absence (maladie, maternité, formation) affectent aussi le nombre de RTT acquis sur l’année. Pour les cadres dirigeants, des règles spécifiques peuvent s’appliquer, en accord avec leur niveau d’autonomie et de responsabilité.
Pour résumer, voici les points à retenir sur l’organisation du temps de travail en forfait jours :
- Le plafond légal pour le forfait jours est fixé à 218 jours travaillés par an.
- Le nombre de RTT dépend du calendrier, des absences et des accords d’entreprise.
- Les RTT peuvent être reportés, indemnisés ou placés sur un CET, selon le cadre collectif.
Au final, le nombre de jours travaillés par an à 35 heures ne se laisse pas enfermer dans une case. Il évolue discrètement, au fil des années et des négociations. Une preuve de plus, s’il en fallait, que la gestion du temps de travail en France relève d’un subtil jeu d’ajustements, où chaque jour compte.


