Le portage salarial séduit de plus en plus de consultants français : selon le Rapport de branche 2025, le secteur comptait 43 127 salariés portés actifs en 2022, dans plus de 500 entreprises, pour un chiffre d’affaires de 2,05 milliards d’euros. Mais derrière les attraits du statut se pose une question concrète : que se passe-t-il financièrement en cas d’arrêt maladie ? La réponse dépend de règles précises, et d’une réforme récente qui a modifié les plafonds d’indemnisation.
Une protection sociale comparable à celle d’un salarié classique
C’est l’un des avantages structurels du portage salarial sur le statut de micro-entrepreneur : le consultant porté cotise au régime général de la Sécurité sociale dès le premier euro perçu. En cas d’arrêt de travail, il peut donc prétendre aux indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS), à condition de remplir l’une des deux conditions d’ouverture des droits : avoir travaillé au moins 150 heures sur les trois derniers mois, ou avoir perçu une rémunération équivalente à 1 015 fois le SMIC horaire sur les six mois précédant l’arrêt.
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Le délai de carence reste identique à celui du secteur privé : trois jours non indemnisés par la Sécurité sociale. La société de portage peut toutefois réduire cet effet via un contrat de prévoyance collectif, obligatoire depuis 2016, dont le niveau de couverture varie selon les organismes.
Pour anticiper précisément le montant perçu en cas d’arrêt, une simulation portage salarial permet de croiser son taux journalier moyen, son activité réelle et les règles de calcul applicables.
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Le calcul des indemnités : une réforme à ne pas ignorer
Depuis le 1er avril 2025, un décret a abaissé le plafond de calcul des IJSS de 1,8 à 1,4 fois le SMIC mensuel. Concrètement, le plafond d’indemnité journalière maladie s’établit à 41,95 euros par jour en 2026. La formule reste inchangée : on divise la somme des salaires bruts des trois derniers mois par 91,25 jours pour obtenir le salaire journalier de base, puis on applique un taux de 50 %. Mais ce résultat est désormais plafonné à un niveau sensiblement inférieur à ce qui existait avant la réforme.
Un consultant percevant 2 000 euros brut mensuel touchera ainsi environ 32,87 euros par jour d’arrêt. Au-delà de 2 522 euros brut mensuel (soit 1,4 SMIC), le plafond s’applique quelle que soit la rémunération réelle. Un salaire de 3 400 euros brut ne génère donc pas plus d’indemnités qu’un salaire de 2 523 euros. À noter : les IJSS sont soumises à la CSG et à la CRDS, ce qui réduit encore légèrement le montant net perçu.
Prévoyance et simulation : les deux leviers à activer
Face à un plafond légal qui ne couvre qu’une fraction du revenu habituel, la prévoyance complémentaire joue un rôle décisif. Pourtant, selon le même Rapport de branche 2025, 60 % des entreprises de portage n’avaient pas encore mis en place de dispositif d’épargne salariale en 2024, signe que la protection complémentaire reste inégale. Avant de choisir une société de portage, vérifier le niveau de couverture de la prévoyance, son délai de franchise et la durée maximale d’indemnisation reste une démarche utile.
La simulation est l’autre outil à mobiliser. Parce que le montant des IJSS dépend directement du salaire brut des trois mois précédant l’arrêt, lui-même fonction du taux journalier moyen et du nombre de jours facturés, anticiper ses droits avant un arrêt est bien plus efficace qu’en faire le calcul après coup. Des ressources comme le portail 225business.com accompagnent les indépendants dans ce type de décision financière structurante.
Le portage salarial offre une protection réelle en cas de coup dur, mais elle n’est pas automatiquement à la hauteur du salaire habituel. Connaître les chiffres avant d’en avoir besoin, c’est la différence entre subir un arrêt maladie et le traverser sereinement.

