Truands, brigands, bandits ou gangsters, ils ont tous en commun des anecdotes fabuleuses, des trognes pas possibles et des surnoms qui le sont
tout autant. « Charlot le Fébrile, « le Basque », « Robert le Pâle », « Porte-avions », « le Beau Serge »… Certains d’entre eux, toujours vivants mais vieillards, racontent dans Caïds Story, un siècle de grand banditisme, quelques épisodes mémorables de leur carrière de voyous. Cette série documentaire en quatre parties, réalisée par Jérôme Pierrat, journaliste et historien de formation, raconte la trajectoire des grands souteneurs, braqueurs ou trafiquants du XXe siècle, miroir de l’histoire et des évolutions technologiques et sociales.
C’est d’abord l’entre-deux-guerres qu’examine Caïds Story. Sur le modèle d’Al Capone outre-atlantique, les gangsters de 1919 adoptent une nouvelle garde-robe : costume croisé, pompes bicolores et chapeau mou. Ils s’épanouissent dans les grandes villes, « qui concentrent la misère et l’envie », dit le commentaire. Le proxénétisme donne lieu à de sanglants affrontements pour le contrôle des trottoirs, à Paris, Lyon et Marseille. Autre activité centrale de la pègre, les cambriolages. La police, qui a mis au point un fichier d’empreintes digitales, est capable d’identifier les récidivistes. Désormais, les voleurs mettent des gants… C’est aussi la période des premiers braquages en voiture. Pour ces truands, toujours le même parcours : enfance misérable, parents absents, bagnes pour mineurs puis service militaire au « Bat-d’Af », le bataillon d’Afrique. Quand vient la Deuxième Guerre mondiale, le grand banditisme choisit son camp entre collaboration et Résistance. Certains deviennent informateurs de la Gestapo, organisent le marché noir et n’hésitent pas à se servir sur la bête. Dans l’autre camp aussi, on fait des affaires.
Caïds Story raconte, tout en argot et en gouaille, ces « vendettas », où
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