SouryHour : D'où vient ce dogme de rejet total de toute intervention étrangère ?
Ignace Leverrier : Les Syriens sont généralement hostiles à toute idée d'une ingérence étrangère dans leurs affaires intérieures. C'est une attitude constante de leur part. Elle a été renforcée par le nationalisme farouche dont le parti Baas a fait preuve depuis son arrivée au pouvoir, en 1963.
Il est vrai que les expériences régionales les ont plutôt confortés dans cette idée qu'il y avait plus à perdre qu'à gagner dans l'intervention d'une force étrangère à la région. Ce qui s'est passé en Irak, à partir de 2003, les a encore une fois convaincus que, comme l'énonce l'idéologie baasiste, favorable à un réglement par les Arabes des problèmes arabes, il valait mieux éviter de faire appel à des forces étrangères.
Petros : Est-ce qu'il y a une possibilité d'une intervention étrangère ?
Ignace Leverrier : Une intervention étrangère ne paraît pas d'actualité. Le Conseil de sécurité s'est jusqu'ici montré profondément divisé sur cette question. Il ne semble pas que la Russie et à un moindre degré la Chine soient disposées à changer de ligne de conduite.
D'ailleurs, les puissances occidentales qui s'étaient engagées militairement dans le soutien à la révolution libyenne ne savent pas de quelle manière, si elles en avaient l'intention, elles pourraient intervenir en Syrie. Les deux situations sont radicalement différentes. Il existait dans l'est de la Libye une ville puis une région déjà 'libérée', ce qui n'existe pas en Syrie. Par ailleurs, les Libyens avaient exprimé le souhait d'être aidés sur le plan militaire alors que le maximum des demandes jusqu'ici formulées par la population syrienne favorable à un changement est une 'protection internationale'.
Cat : 'Protection internationale' peut-elle signifier un envoi de casques bleus ?
Ignace Leverrier : Par protection (...) Lire la suite sur lemonde.fr
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